mercredi 19 mars 2008

American Flag


 "Le tableau d'un drapeau traite toujours d'un drapeau; mais il ne traite pas davantage d'un drapeau que d'un trait de pinceau, d'une couleur ou de la constitution physique de la peintre utilisée. C'est du moins mon avis. " 

Par ces mots, Jasper Johns souligna la primeur accordée à la re-création et à la perception dans son oeuvre. Ainsi " il y a eu deux manières d'interpréter (ses) tableaux. La première est : ' Il a peint un drapeau de manière à ce qu'on ne le voie pas comme un drapeau, mais comme une peinture.' La seconde est : ' La façon dont il a peint le drapeau fait qu'on peut le voir comme un drapeau, et non pas comme une peinture ".

 Jasper Johns réalisa Flagce drapeau- tableau,tableau-drapeau en 1955 et réussit avec lui à dissocier représentation et interprétation en opérant une nette séparation entre l'objet peint et les réflexions personnelles qu'il peut amener.

Pour lui, c'est de la contemplation que naît le sens et non pas l'inverse. Il a ainsi cherché à ce que ces toiles ne dévoilent rien de ses sentiments et y parvint en travaillent à partir de la forme physique d'une chose en la libérant alors de tous préjugés. 

Il croyait en effet que " tout art qui se propose de dire quelque chose est condamné à l'échec. La déclaration définitive ne doit pas être consciente, elle doit se mettre en place d'elle-même." Johns a d'ailleurs peint le drapeau américain avec un nombre changeant d'étoiles, mais jamais le réel, car ce sont bien "les nuances, les modulations qui (l') ont intéressé, un jeu entre la pensée, la vie, le dire et le rien".

Et cette peinture à l'américaine, comme l'appelait 
le critique d'art Clement Greenberg, intéresse et fascine encore aujourd'hui. Pour preuve, une exposition sur l'utilisation de la couleur grise par Jasper Johns vient de se tenir, jusqu'au 4 mars dernier, au Metropolitan Museum of Art.

 Et bien que ce soit aux pin-ups des années 60 plus qu'à l'oeuvre de cet artiste que se réfère la collection printemps/été Chanel de cette année, on ne peut que se rappeler Flag face aux silhouettes enveloppées par le drapeau américain une fois de plus réinterprétés librement. C'est pour moi une invitation, bien que probablement inconsciente, à redécouvrir le travail de cet artiste majeur du Pop art que nous a lancée Karl Lagerfeld.




( Photo Flag : Museum of modern art, photo Chanel : vogue.fr )


5 commentaires:

marigaz a dit…

Merci pour ton sympatique com' chez moi ;)
J'ai une grande attirance ver sles drapeau américain... A défaut d'avoir la peinture de J. Jones, j'ai trouvé à Boston un vieux drapeau vintage avec 49 étoiles... Il orne aujourd'hui mon entrée...
Quant à dire si j'oserais me transformer en porte drapeau ? Difficile... Je quitte à l'instant une bande de jeune dans un centre commerciale, où l'une d'elle avait un jean's rouge étoilé et un haut rayé bleu... So' !

La journée de Miss Doodle a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
La journée de Miss Doodle a dit…

J'adore cette excursion dans le monde de la peinture américaine, combinée à Nina Simone. Merci pour cet article intéressant.
A bientôt
Miss Doodle

(J'ai supprimé mon commentaire précédant, ayant découvert une grave faute après l'avoir envoyer:)

p'tite mademoiselle a dit…

marigaz > moi non plus je ne suis pas certaine de vouloir me métamorphoser en porte-drapeau mais je trouve ça joli chez Chanel et uniquement là !

miss doodle > nina simone et le pop art = bienvenue chez moi !

Alerte à Liège a dit…

Très intéressant cette petite note! La tenue que tu présentes est super super jolie...je m'étonne même d'aimer un tel symbole porté en vêtement